Catherine Veyssy - Françoise Reynal

23 March 2016 - 15 h 00 min
  • Récit
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Découverte de l’univers du fleuriste, importance du choix du métier, enjeux de l’apprentissage. Découvrez l’expérience immersive de Catherine Veyssy chez Françoise Reynal pour Artisan d’un jour.

MERCREDI 23 MARS, 17 HEURES, BORDEAUX CAUDERAN. Catherine Veyssy, maire de Cénac et vice-présidente du conseil régional Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, quitte la boutique de Françoise Reynal avec une jolie décoration florale pour orner sa table. Mais, contrairement aux nombreux clients, c’est elle-même qui l’a composée, dans le cadre de la semaine nationale de l’artisanat 2016.

L’expérience « Artisan d’un jour » vise à faire vivre de l’intérieur le quotidien d’un artisan, à la manière d’un étudiant. Catherine Veyssy, en charge à la région de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’emploi, s’est glissée dans le rôle pour connaître encore un peu mieux la question. Et l’expérience a été forte :

« Cet après-midi, j’ai vécu des morceaux de vie. L’assemblage des fleurs est la partie émergée du métier. J’ai vu qu’être fleuriste, c’est aussi accompagner les moments heureux ou malheureux de la vie. J’ai été très touchée par Françoise Reynal et son équipe. La sensibilité, l’humanité, l’empathie. J’ai beaucoup de respect pour ce qu’elles font et la manière avec laquelle elles le font. »
_ Catherine Veyssy

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« A quoi sert cette machine ? » « On y passe les tiges pour les dénuder. »
« Et pourquoi on écrase les tiges ? » « Pour qu’elles boivent mieux. »

Françoise Reynal a apprécié de faire découvrir ce qu’est « la vie en magasin ». Elle aime les apprentis qui posent des questions et s’intéressent. « Quand on commence à se prendre au jeu, la fleur peut devenir une passion. Puis un métier », dit-elle. Ici, on entre dans la réalité. Et elle peut s’avérer différente de l’image qu’on en avait. « Je leur demande beaucoup à ‘mes filles’ (NDLR : l’équipe est composée de 8 fleuristes). Elles doivent avoir de la tenue, être vaillantes, savoir être vendeuses, avoir un côté artistique, être discrètes sur leur vie privée. »

On est là dans l’un des enjeux de la réussite d’un apprentissage :

« Le savoir-faire s’acquiert en deux ans. Je suis pour l’apprentissage en alternance. Mais ce qu’on aimerait, c’est former des jeunes filles qui sont sûres de vouloir être fleuristes. Et pas des jeunes qui choisissent le métier par défaut. »
_ Françoise Reynal

Sur cet enjeu central du choix du métier, chacun a son idée. Pour Françoise Reynal, « il faudrait peut-être trois mois d’insertion pour valider le choix. Le temps de voir les bons et les mauvais côtés. Soulever les vases, changer l’eau, nettoyer tous les jours, travailler parfois le dimanche et les jours fériés, préparer des commandes jusqu’à 21 heures. Il y a aussi ça à faire. Si ces réalités ne sont pas rédhibitoires, alors on peut s’engager. Et je pense que les jeunes se lanceraient bien mieux en étant sûrs de leur choix. »

« Il nous faut plus d’imagination pour permettre la découverte des métiers en amont de l’apprentissage »

Comme le rappelle Catherine Veyssy, « l’apprentissage est aussi un contrat de travail. C’est-à-dire un engagement des deux parties. » Alors comment sécuriser le choix du futur métier par l’apprenti, qui se fait souvent en 3e, c’est-à-dire à 14 ans ? « L’orientation est primordiale, souligne Catherine Veyssy. Il nous faut avoir plus d’imagination pour permettre la découverte des métiers en amont. Le stage d’observation de 3e, par exemple, devrait à mon sens être en partie effectué au Centre de formation des apprentis (CFA). L’objectif est de donner un maximum d’informations et d’éviter une rupture de parcours. Tout en sachant qu’à notre époque, aucun choix de carrière n’est définitif. »

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Bien que courte, l’immersion a-t-elle fourni d’autres enseignements sur ce métier de fleuriste ? « Oui, j’ai vu que c’est une histoire de goût, mais aussi de culture. Connaître les fleurs, leur provenance, leur histoire. Pour faire passer les bons messages », synthétise l’élue. Et passer de l’idée à la réalisation du bouquet, facile ? « Ça a l’air simple mais ça ne l’est pas. C’est un métier. Et il n’y a que de vrais métiers, qui s’apprennent. » « Et on le vit pleinement notre métier !, dit Françoise Reynal. La fleur exprime tellement de choses. » Quand c’est le cœur qui choisit, c’est toujours plus facile. « On ne peut pas tricher dans ces métiers, comme pour les métiers de bouche. Pour être bon, il faut aimer ce que l’on fait. Y apporter sa touche personnelle », ajoute l’élue.

Avant de se rendre aux Olympiades des métiers, Catherine Veyssy repart de cette expérience Artisan d’un jour avec la conviction renforcée de l’importance de valoriser les métiers pour développer leur apprentissage. Elle parle de fierté, et de fierté partagée. Car « derrière chaque apprenti il y a un maître d’apprentissage et une entreprise. » Fierté aussi pour le diplôme, le CAP. « Il faut détailler ce terme. Un Certificat d’aptitude professionnelle, c’est beau. C’est un vrai titre. »

Pour s’en convaincre, Catherine Veyssy encourage chacun à se rendre aux Olympiades des métiers. « C’est gratuit. Venez voir, ils ont de l’or entre les mains ! Vous pourrez voir la fierté de ses jeunes et de leurs familles. »