Véronique Sapet - Les ateliers Paul Bracq

13 March 2017 - 9 h 00 min
  • Récit
  • Photos & liens

Artisan d’un jour, Véronique Sapet, Responsable des programme de France Bleu Gironde, a découvert les ateliers de carrosserie Paul Bracq à Bordeaux.

La Mercedes au toit pagode, très prisée en collection, c’est lui qui l’a dessinée. De même que la célèbre Mercedes 600, véhicule préféré de nombreuses personnalités et de chefs d’Etat. Paul Bracq, designer automobile, et créateur de nombreux modèles de berlines ou limousines, a transmis sa passion à son fils Boris, qui a ouvert en 2013  les ateliers Paul Bracq, dans le quartier Bacalan à Bordeaux. Des Mercedes de toute la France, voire même de l’étranger, sont ici réparées, restaurées, et remises en état avec et une attention et un soin tout particuliers.

« J’ai été transportée dans une autre époque ! »

C’est dans cet atelier que Véronique Sapet, responsable des programmes à France Bleu Gironde, a découvert, le temps d’une après-midi, le métier de carrossier. Démonter, décaper, souder, nettoyer les pièces, faire preuve de précision et de concentration, et surtout avoir à cœur de restituer des modèles dans l’esprit d’origine : Véronique Sapet a observé chaque détail, sans en perdre une miette. Elle a même pu s’essayer au redressage et au lustrage d’une tôle, histoire de se mettre, l’espace d’un instant, dans la peau du personnage. Verdict ? Véronique Sapet est conquise !

Bonjour Véronique, quelles ont été vos impressions en pénétrant dans l’atelier Paul Bracq ?
Je me suis sentie un peu comme une petite fille dans un magasin de poupées ! Cette atmosphère de travail, cette passion du geste de précision, et toutes ces voitures avec leur histoire, cela m’a beaucoup impressionnée. Pour moi ce genre d’endroit était inaccessible.

Comment décririez-vous l’atelier ? Ressemble-t-il à d’autres ateliers de carrosserie ?
V. S. : Justement, pas du tout ! Contrairement aux ateliers qu’il m’avait été donné de voir, celui-là est impressionnant de propreté et d’ordre. Toutes les pièces retirées des voitures pour la restauration sont nettoyées, étiquetées, puis soigneusement rangées dans des boîtes. L’atelier n’est pas très grand, lorsque je l’ai visité, 9 voitures s’y trouvaient, toutes plus prestigieuses les unes que les autres. Je n’avais pas l’impression d’être au XXIe siècle, j’ai été transportée dans une autre époque !

B.B. : Il est vrai que nous travaillons avec du matériel et des outils d’époque, nos clients sont des puristes. La restauration que nous proposons doit être authentique. On attache énormément d’importance à l’enseignement des vieux carrossiers et motoristes. Pour le modèle Pagode, c’est un savoir-faire d’après guerre. Toute la beauté du métier est de restituer ce savoir-faire.

Avez-vous appris le métier en observant votre père ?
B. B.. C’est une histoire d’imprégnation plus que d’observation. Quand j’avais 4 ans, mon père m’a emmené dans un atelier Bugatti. Ça, ça marque à vie ! A l’adolescence, je retapais les mobylettes sur un parking, et un peu plus tard je réparais les voitures des copains pour payer mes vacances. Les parents influencent forcément leurs enfants. J’ai grandi dans l’amour des automobiles.

V.S.. Et cet amour est perceptible dans les ateliers, je le confirme !

« Il faut caresser la tôle, il faut apprendre à la sentir »

Avez-vous pu vous manipuler les outils, essayer des tâches par vous-même, Véronique ?
V. S. : Oui, j’ai eu l’occasion de travailler une tôle avec différents outils, j’ai tenté de la redresser ! Puis on m’a proposé de la faire briller dans une machine spéciale qui propulse des billes de verres. C’est un travail très physique !

B. B. : J’ai souhaité que Véronique Sapet découvre par elle même le métier en ayant un contact physique direct avec les gestes, les outils. C’est toujours intéressant de montrer qu’au delà du savoir-faire il y a le physique. C’est un métier très sensible. Mon père m’a toujours dit « il faut caresser la tôle, il faut apprendre à la sentir ».