Barbara Schroeder - Ferronnerie d'art Fer Émeraude

16 March 2017 - 9 h 00 min
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Artisan d’un jour, Barbara Schroeder a découvert la ferronnerie d’art Fer Emeraude dans le quartier des Chartrons à Bordeaux.

« C’est un endroit de rêve ! »

Barbara Schroeder, peintre des splendeurs du terroir blayais, passionnée par le mélange des matières, s’est rendue dans le quartier des Chartrons à Bordeaux, à la ferronnerie d’art Fer Emeraude, où Pierre Guillebeaud et ses deux fils exercent un savoir-faire datant du XVIIIe siècle.

Les Guillebeaud et leur invitée avec de gauche à droite : Adrien, Barbara, Pierre et Charly.

Depuis 45 ans, Pierre Guillebeaud martèle le fer incandescent, avec des gestes sûrs et une passion toujours intacte. Bel exemple de transmission, il a partagé cette passion et son savoir-faire autour de la forge, à Adrien et Charly. Tous deux se sont formés à la serrurerie pour acquérir les gestes indispensables, en regrettant de ne pas pouvoir continuer en ferronnerie d’art, faute de formation à Bordeaux.

Aujourd’hui, ils travaillent ensemble à la restauration de portails, de tables, de grilles, de rampes et de balcons pour des jardins publics, des châteaux ou des particuliers. Connus sur la place bordelaise par les brocanteurs et les antiquaires, ils bénéficient d’un excellent bouche à oreille, qui leur fait recevoir des curieux et des passionnés toute l’année. Ils se prêtent volontiers au jeu des explications, comme avec Barbara Schroeder, ravie de découvrir par elle-même un métier qui la fascine. De quoi donner à l’artiste blayaise des idées pour de futures sculptures en fer forgé…

Barabara Schroeder et Pierre Guillebeaud

Barbara, pourquoi avez-vous choisi de visiter la ferronnerie d’art Fer Emeraude ?
B.S. : Dans mon travail, j’utilise beaucoup les métaux : le cuivre, le fer, le laiton, le zinc, que j’oxyde avec des acides. Pour cette raison, j’avais très envie de découvrir le travail de ferronnier. C’était loin d’être un choix au hasard pour moi ! Je rêverais de passer quelques jours à la forge pour découvrir le métier de manière plus approfondie afin de savoir mieux utiliser le fer dans mes sculptures.

Adrien, comment s’est déroulée la visite ?
A.G. : Cela s’est passé de façon très naturelle. Barbara nous a longuement regardé travailler, et mon père lui donnait des explications sur le métier : les outils utilisés, comme le burin, le marteau pilon, et les formes données aux différentes pièces : les volutes, les arabesques… Quand Barbara a visité l’atelier, nous travaillions, à l’aide d’un chalumeau « oxycoupeur » sur de grandes tables destinées à un château du Médoc.

L’atelier de Fer Émeraude

Comment décririez-vous les lieux, Barbara ?
B.S. : Cet atelier est un endroit de rêve, avec son immense cheminée, ses volutes en fer forgé, et tout un tas d’objets récupérés à à la ferraille, et dans ce décor, M. Guillebeaud et ses fils qui travaillent dans la chaleur et le bruit, avec beaucoup de passion et de précision. Cela m’a fait réfléchir sur le Bordeaux d’autrefois et le savoir-faire de ses artisans. Cet atelier est un très beau témoignage du patrimoine de notre ville.

« Cela me démangeait de prendre les outils pour essayer à mon tour de travailler le fer ! »

Que retenez-vous l’un et l’autre de ce moment ?
A.G. : Nous sommes toujours heureux de partager notre passion, nous recevons régulièrement des visiteurs dans notre atelier et nous avons pris l’habitude d’expliquer notre métier. La chance que nous avons c’est que c’est un savoir-faire assez méconnu et qu’il y a peu de ferronniers à Bordeaux. On a toujours le sentiment agréable d’avoir appris quelque chose aux gens qui viennent nous voir.

B.S. : En visitant cet atelier rempli de mémoire, j’ai en effet découvert un savoir-faire très émouvant. Je dois dire que cela me démangeait de prendre les outils pour essayer à mon tour de travailler le fer !

A.G. : Bien sûr, je comprends ! Malheureusement, on ne peut laisser les personnes utiliser les outils à la forge, c’est trop dangereux. En revanche, on propose des stages de découvertes encadrés, où on apprend les rudiments du métier au cours d’une journée ou plus, aux personnes désirant découvrir la ferronnerie plus en détail.

► A noter ! Visitez l’Exposition « 365 jours » de Barbara Schroeder jusqu’au 25 juin 2017 à l’Institut Bernard Magrez, 16 rue de Tivoli à Bordeaux. Vernissage le 14 mars à 18h.