Gilles Savary - Jean François Gratias

18 March 2016 - 8 h 30 min
  • Récit

Pour l’opération Artisan d’un jour, le député de Gironde est monté à bord du taxi de Jean-François Gratias le 18 mars. En route vers le futur de la profession !

ACCROCHEZ VOTRE CEINTURE, VOUS ALLEZ CHANGER D’AVIS SUR LE TAXI ! C’est Gilles Savary qui vous le dit, suite à sa rencontre avec Jean-François Gratias pour la semaine nationale de l’artisanat. Et, en matière de transport, l’élu a plus de bagages que ne peut en contenir un coffre. Une vue avertie, connectée et pragmatique sur les enjeux concurrentiels du secteur à l’heure où numérique et économie collaborative semblent empiéter sur les voies réservées.

[Lire les portraits de l’artisan et de l’élu]

Gilles Savary sait bien que la profession est crispée. Il s’attend à une posture défensive. Agréable surprise, il découvre un chauffeur « d’une lucidité extrêmement encourageante. » A d’autres les combats d’arrière-garde. Jean-François Gratias est capable de remise en cause : « On s’est laissé aller ». Mea culpa aussi rare que salutaire. Et chaleureusement salué par l’élu :

« Il a bien raison de ne pas s’épuiser dans une lutte illusoire. Non, les clients des taxis ne vont pas quitter Internet ni jeter leur smartphone. Je rencontre là quelqu’un qui convient que la profession, comme tant d’autres, a vécu d’acquis. Quelqu’un qui cherche à comprendre ce nouveau monde et à s’adapter pour en tirer le meilleur parti. »
_ Gilles Savary

La centrale de Taxi télé, une vraie start up !

Passé ce tour de chauffe entre un pilote et son copilote du jour synchronisés sur la même fréquence, Jean-François Gratias immerge l’élu dans son quotidien, avec la prise en charge d’une personne jusqu’à Léognan, la gestion du trajet et de la circulation, le paiement, etc. Course impeccable.

Puis, direction la centrale de la compagnie Taxi télé, où l’artisan est aussi administrateur. Il veut « montrer qu’on rattrape le retard. » La direction stratégique de Jean-François Gratias est rectiligne :

« La première étape, c’est de nous mettre à niveau. La seconde est de dépasser ce que d’autres peuvent proposer. »
_ Jean-François Gratias

Et assurément, Taxi télé est en route. « On se digitalise pour apporter des services de qualité et une expérience optimisée et toujours plus satisfaisante pour nos clients. » On se croirait dans une start up ! Géolocalisation en temps réel, développement d’applis mobiles et de nouveaux usages très userfirst*, par exemple pour les professionnels du tourisme : l’hôtel appuie sur un bouton et le taxi arrive ! Qui dit mieux ?

rencontre-taxiAvec un sens étonnant du marketing et de la communication, Jean-François Gratias sait que l’image du taxi est écornée. En conséquence, il travaille la réassurance. « Nous sommes aussi en accord avec les taxis bleus à Paris, avec un relationnel d’échanges pour des demandes de prix par exemple. Il faut communiquer, être transparent. Et en local, on est en train de mettre en place le numéro unique. On sera les premiers à le faire. Il s’agit de pouvoir répondre à toutes les demandes et d’améliorer, toujours, la qualité du transport taxi. »

Oenotourisme : haute qualité de service exigée

Une tenue pour les chauffeurs de taxi est prévue. Gilles Savary lance une autre piste : « Quand je voyage à New York ou à Londres, je n’imagine pas une seconde ne pas prendre le taxi. Pourquoi ? Parce qu’ils ont une identité. Le taxi jaune ou le black cab font partie intégrante de l’expérience du voyage dans ces destinations. Les taxis devraient affirmer une personnalité. »

A écouter l’artisan et l’élu, les pistes semblent multiples pour embrayer vers la réussite. Et n’apparaissent pas incompatibles avec celle des VTC (voitures de transport avec chauffeur). Gilles Savary cite en exemple Heetch, l’appli qui a réussi à s’imposer en région parisienne pour permettre à une clientèle nouvelle – les résidents hors Paris – de sortir faire la fête dans la capitale. « C’est une quasi mission de service public », dit-il. Et c’est une création de service qui ne concurrence pas les taxis, appelés à monter en gamme.

L’élu est d’ailleurs enthousiaste sur les perspectives des taxis en Gironde. « L’œnotourisme, avec les offres des châteaux et bientôt La Cité du Vin, représente un marché extrêmement porteur et encore en pleine croissance. Les clients vont rechercher une offre sur mesure, avec des chauffeurs très professionnels qui savent où ils habitent pour les guider. Est-ce que les taxis seront en capacité de fournir le haut niveau de qualité requis pour ne pas se laisser souffler le marché ? » On serait tenté de répondre qu’ils le seront. Et que la route peut être belle pour tous.

*L’utilisateur d’abord. Expression d’UX design (Expérience utilisateur).